« Amandine Arcelli construit. L'architecture la concerne, sans vouloir en faire sa profession pour autant. Par la sculpture, elle développe ailleurs, une sensibilité pour l'édification. Faut que ça tienne. La grille moderniste guide l'orthogonalité des structures, agrémentées d'éléments plus organiques venant en caresser la rigidité. Et les stratégies des bâtisseurs orientent son aplomb. Elle regarde donc autour d'elle, pour piocher les gestes et matériaux qui pétriront la tenue de ses assemblages. Le magasin de bricolage, le Maroc, les trottoirs, l'Inde, font parties des destinations qui conditionnent son répertoire de formes et de factures. Ayant étudié la céramique puis la peinture, elle inclut aujourd'hui la technicité et les plaisirs de ces champs, dans des œuvres ni cuites, ni plates. Mais furieusement franches et dressées. Elle chérit la grande échelle. Les superlatifs ne font qu'exciter ces challenges qui l'engagent à aiguiser ses compétences. La dimension domestique pourrait limiter le volume, contraindre aux murs, inviter au bas-relief. L'artiste y travaille. De la maison, ce qui l'enthousiasme vraiment, c'est cette distinction certaine entre l'intérieur et l'extérieur, et donc ces seuils qui assurent les passages de l'un à l'autre. Une lisière menue sur laquelle marcher. Pas d'inquiétudes, l'artiste possède des talents de funambule, et sait ménager les équilibres. Son engagement physique est manifeste. Il demande parfois un genre de brutalité. L'ancrage est déterminant. D'ailleurs l'élément terre est omniprésent, traité en tant que composante fertile ou pigment de surface. La couleur reste une caractéristique fascinante. C'est carnaval. Il s'agit de rituels archaïques. En parade, ses figures surgissent avec un panache certain, masquées, fardées, libres. Tout est permis pour célébrer cette vraie joie grave, maintenue vaillante par les élans d'Amandine Arcelli.
« J'aime que ce soit grand. » »

Joël Riff


« Amandine Arcelli excelle à dresser des merveilles. Par quelques gestes attentionnés, elle réussit à donner une ampleur à ses statures, faites de matériaux pauvres souvent badigeonnés selon une gamme inédite. Une modestie émouvante enrobe ces assemblages pourtant bien vigoureux. La verticale guide d'évidence, l'ensemble des sculptures réunies ici, dans la générosité d'un élan violent et harmonieux." »
Joël Riff, Curiosité - 2016 semaine 41 - Reliance